Appareil photo Le Fujifilm X-E2

Fujifilm X-E2, face

Le Fujifilm X-E2 représente ce qui se fait de mieux en termes de qualité d’image sur un capteur de type APS-C….et donc compte parmi les meilleurs appareils photo du marché. Le Fujifilm X-E2 succède logiquement au X-E1 et malgré les apparences les évolutions sont importantes. Revue de détails sur le terrain. C’est donc au modèle expert intermédiaire, le X-E2, d’en avoir la primeur. Par la même occasion il gagne le Wi-Fi et bénéficie d’un rafraichissement ergonomique.

Refonte en masse et évolutions technologiques

Vous souhaitez un appareil photo capable de délivrer la meilleure qualité du monde APS-C, alors tournez-vous vers le Fujifilm X-E2. Bien qu’héritant du design et de l’ergonomie générale de son prédécesseur, le constructeur nippon apporte quelques améliorations bien venues tant au niveau des spécificités techniques qu’ergonomiques.

  • L’écran passe à 1,04 Millions de points
  • la correction d’exposition s’étend désormais sur +/- 3IL au lieu de deux précédemment
  • la rafale passe à 7 images/seconde
  • le WiFi est implémenté
  • le mode vidéo évolue à 60 images/seconde
  • une prise microphone est intégrée

Ça, c’est pour la partie visible, à l’intérieur le X-E2 évolue aussi avec un module autofocus plus performant, héritant

Fujifilm X-E2, avec zoom

notamment du module autofocus hybride du x100S, du Lens Modulation Optimizer censé corriger les défauts optiques comme la diffraction et les aberrations chromatiques, d’une double assistance à la mise au point avec le focus peaking et le digital split image qui agit comme un stigmomètre et, dernier point mais pas des moindres une nouvelle et seconde itération du déjà fameux et excellent capteur X-Trans. C’est une question d’âme, puisque sur le terrain, ces améliorations accroissent non seulement le plaisir d’usage mais aussi la pratique photographique…même si nous aurions souhaité que le Fujifilm X-E1 eut été pourvu de ces spécificités dès sa sortie. Le Fujifilm X-E2 est en revanche beaucoup plus réactif, l’autofocus est plus prompt à faire le point et le confort de visée via l’écran est amélioré. Comme pour le X100S nous saluons l’arrivée des aides à la visée décrites dans le paragraphe ci-dessus mais sur le terrain leur usage ne convainc pas encore tout à fait. La surbrillance du focus peaking manque de tranchant et il faut beaucoup de lumière pour que le digital splitsoit réellement efficace. Pourquoi ces précieuses assistances sont-elles coupées lors de l’enregistrement vidéo alors que c’est précisément l’un des moments où le vidéographe en aurait le plus besoin ? Plus qu’une singulière démarcation avec son ancêtre au moment de réaliser le focus, le X-E2 est surtout plus juste, plus franc et ne montre plus les hésitations qui caractérisaient son aîné.

Fujifilm X-E2, focus

Puisque la qualité d’image était déjà très élevée, celle-ci ne fait pas un bon en avant extraordinaire, simplement sachez qu’il est possible de travailler efficacement jusqu’à 6400 ISO en reportage. A ce niveau de qualité d’image, seul un capteur plein format fait mieux. Si le grain est invisible jusqu’à 800 ISO, sa graduelle montée en puissance entre 1600 ISO et 6400 ISO se traduit par un léger et fin moutonnement tout comme une dérive chromatique contenue. Sous lumière artificielle une légère tendance à tirer vers le jaune gâche un peu la fête mais globalement le rendu est franchement bon. Les deux valeurs supérieures 12800 ISO et 25600 ISO restent exploitables seulement sur un tirage de petite taille et les fins détails sont grignotés. A noter qu’à la valeur maximale une forte dérive violacée fait son apparition dans les ombres. Autre point agréable du Fujifilm X-E2, ses filtres intégrés. Panasonic et Olympus en offrent autant, voire plus, mais c’est toujours un plaisir d’obtenir un rendu exploitable immédiatement. Notez néanmoins que le « ton dramatique » propose un aspect caricatural mais cela peut ajouter au comique de certaines situations et à une certaine mode sur les réseaux sociaux. Puisque le WIFI est implémenté vous pourrez d’ailleurs échanger et partager vos photos via smartphone ou tablette mais attention le pilotage à distance reste aux abonnés absents.

Il est bon à savoir que le Fujifilm X-E2 est doté d’un mode vidéo en retrait. Le travail du nouveau processeur couplé à l’excellent capteur X-TRANS II est absolument remarquable. La structure des photosites de la matrice de ce dernier permet de se passer de filtre passe-bas : les images sont piquées, regorgent de détails et le micro-contraste est élevé. Dernière point à pondérer évidemment en fonction de la qualité de l’objectif que vous utilisez, mais globalement le

Fujifilm X-E2, ecran

trio : capteur X-Trans, processeur EXR et logiciel LMO réalise un superbe travail. Reste que l’on est un peu déçu de la vitesse de l’autofocus avec le 23mm. Si la qualité optique de ce denier est indéniable, on sent l’inertie du groupe optique lors de la mise au point. Idem en vidéo, la qualité de l’image et le micro-contraste sont en hausse mais l’autofocus patine encore et le focus peaking n’est pas actif durant l’enregistrement. Bien sur la cadence d’image grimpe désormais à 60 images/seconde mais les images sont encore trop affectées par le moiré. Le bitrate élevé de 36 Mbps permet d’effectuer des mouvements fluides et de filmer des scènes sportives sans encombre. Pourquoi ne pas avoir proposé un déclencheur séparé comme sur le X-M1 et pourquoi ne pas laisser au vidéographe la possibilité de prendre la main sur tous les paramètres durant l’enregistrement ?

Enfin, nous dirons : c’est dommage car le Fujifilm X-E2 s’adresse à un public expert pour qui images fixes et images animées tendent à se mêler. Je ne dis pas que le X-E2 ne produit pas de belles vidéos mais la façon dont elle est intégrée la rend peu utilisable sur le terrain autrement que pour quelques souvenirs animés. Mais voilà que l’on a envie de pardonner beaucoup à cet appareil tant la magie des images opère sans forcer. Cet appareil photo a une âme et un charme indéniable. Son tarif est idéalement placé, et engage à s’investir envers les efforts de marque.

Fujifilm X-E2, dessus

POINTS FORTS

  • Très bonne qualité d’image jusqu’à 12800 ISO.
  • Zoom 18-55mm de qualité.
  • Construction soignée.
  • Nombreux réglages experts.
  • Ergonomie optimisée.
  • Apparition du DSI et du Focus Peaking.
  • Vidéo Full HD 60p.
  • Wi-Fi.

CONCLUSION 

Parmi les avis des experts, on a choisi celui qui dit qu’en greffant le nouveau capteur X-Trans II, du Wi-Fi et en remodelant quelques détails ergonomiques, Fujifilm renouvelle la recette du X-E1 sans tout révolutionner. Il reste un hybride expert, très doué pour faire de belles images, mais en retrait dès qu’il est question de vidéo ou de réactivité de l’autofocus. La concurrence a tellement progressé récemment que l’effet coup de poing de l’aîné s’est perdu en route. Et maintenant, c’est à vous de juger.